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Les Samedis Musicaux de Prades

L'association "Les Samedis Musicaux" de Prades organise un samedi par mois un concert à Prades, dans les Pyrénées-Orientales (France). Consultez régulièrement ce site Internet ou abonnez-vous à notre bulletin électronique d'informations pour découvrir la programmation de nos prochains concerts.

Soirées thématiques des Ciné-Rencontres - "Faites de la Musique !.." - Vendredi 14 juin 2013 à partir de 18 h 30 au Lido

Publié le 2 Juin 2013 par Samedis Musicaux in Concerts archivés

Logo Samedis Musicaux Le vendredi 14 juin  au Lido à Prades
 
Dans le cadre des Soirées Thématiques des Ciné-Rencontres :
 
"Faites de la Musique !.."
 
Soirée organisée en partenariat avec les Samedis Musicaux de Prades
El Sistema sera présenté par Marie-Christine Charlet
 
Au programme :
 
Séance 1 à 18 h 30 :
"Kinshasa Kids" - Réalisation : Marc-Henri Wanjberg
 
Séance 2 à 21 h
"El Sistema" - Réalisation : Paul Smaczny & Maria Stodmeier
 
Tarif spécial de 4.50 € la séance
 
Repas sur réservation à 20 h - Tarif : 7 € - Réservation avant le 10 juin au 04 68 05 20 47 (les réservations effectuées sur notre répondeur seront également prises en compte)
 
 
Affiche Soirées thématiques des Ciné-Rencontres - Faites de la Musique
 
 
El Sistema
Les enfants d'El Sistema
 
El Sistema est un programme d'éducation musicale développé au Venezuela et financé notamment par des fonds publics. Originellement appelé Action sociale pour la musique, son nom officiel est : Fundación del Estado para el Sistema Nacional de las Orquestas Juveniles e Infantiles de Venezuela (Fesnojiv), qui peut être traduit par : Fondation d’État pour un système national d'orchestres pour la jeunesse du Venezuela.
El Sistema est une fondation publique qui supervise les 125 orchestres pour la jeunesse du Venezuela et les programmes de formation instrumentale qui les accompagnent. EIle regroupe aussi 30 orchestres symphoniques. Mais sa plus grande réalisation est manifestée par les quelque 300 000 enfants qui fréquentent ses écoles de musique à travers le pays, et dont 90 pour cent sont issus de milieux socio-économiques défavorisés.
En 1975, au Venezuela, l’économiste et musicien José Antonio Abreu a fondé l’« Action sociale pour la musique » et en est devenu le directeur. Il a dirigé ce programme pendant les 35 dernières années sous dix gouvernements différents dirigés par les présidents des années 1980, puis sous les gouvernements de « gauche » d’Hugo Chávez et de son successeur. Alliant finesse politique et foi religieuse, Abreu s’est consacré à un rêve utopique dans lequel un orchestre représente la société idéale, et l’idée que plus un enfant se nourrit tôt dans ce milieu, mieux cela vaut pour tous.
Le gouvernement du Venezuela a commencé à financer entièrement l'orchestre d'Abreu après son brillant succès dans à une compétition internationale en 1977 à Aberdeen. Dès le début, El Sistema a été sous la tutelle du ministère des Services sociaux, et non du ministère de la Culture, ce qui a contribué de façon stratégique à sa survie. Le gouvernement de Chavez a été le mécène le plus généreux d'El Sistema à ce jour, en finançant son budget annuel de fonctionnement et en permettant les investissements nécessaires. En septembre 2007, le président vénézuélien a annoncé à la télévision un nouveau programme gouvernemental, Misión Música, conçu pour fournir des instruments de musique aux enfants du Venezuela. 
Abreu a reçu en 1979 le Prix national de musique pour ses travaux. Il a été nommé ambassadeur spécial pour le développement d'un réseau mondial des orchestres et des chœurs pour la Jeunesse par l’UNESCO en 1995, et il est aussi le représentant spécial de l’UNESCO pour le développement du réseau d'orchestres dans le cadre du Mouvement mondial des orchestres et des chœurs pour la jeunesse. 
Son réseau de 102 orchestres pour les jeunes et de 55 orchestres d'enfants (d'un effectif d'environ 100 000 membres) est venu plus tard, sous la supervision du ministère de la Famille, de la Santé et des Sports. À l'heure actuelle, il y a 286 centres de musique au Venezuela, les núcleos, généralement situées à la lisière d'un barrio. Aujourd'hui, la Fondation musicale Simón Bolívar (le système national de la jeunesse et des orchestres d'enfants et chœurs du Venezuela) regroupe près de 400.000 membres à travers tout le pays dans un système d'orchestres préscolaires, d’orchestres d’enfants, et d’orchestres de jeunes, jusqu’au orchestres symphoniques et aux chœurs d’adultes. Soixante-quinze pour cent des enfants et adolescents qui participent au programme vivent en dessous du seuil de pauvreté. 
L'un des objectifs d'El Sistema est d'utiliser la musique pour la formation, la réadaptation et la prévention des comportements criminels. Le programme El Sistema est connu pour sauver les jeunes en situation d’extrême pauvreté des dérives prévisibles vers l'abus de drogues et la délinquance. 
De nombreux participants du programme El Sistema ont commencé une carrière musicale internationale, le plus prestigieux étant le chef d’orchestre Gustavo Dudamel. Une part importante d’El Sistema est l’Orchestre symphonique Simon Bolivar (Orquesta Sinfónica Simón Bolívar). En 2007, cet orchestre a fait ses débuts au Carnegie Hall et aux BBC Proms sous la conduite de Dudamel. Avec ses meilleurs musiciens qualifiés, El Sistema a également créé un nouvel Orchestre des jeunes du nom de la grande pianiste vénézuélienne Teresa Carreno, lequel a débuté par une tournée internationale à l'automne 2010. 
Le 6 juin 2007, l’Inter-American Development Bank a annoncé l'octroi d'un montant de 150 millions de dollars de prêts pour la construction de sept centres régionaux d'El Sistema dans tout le Venezuela. De nombreux banquiers au sein de la BID étaient initialement opposés à l'emprunt, au motif que la musique classique est réservée à une élite. La banque a réalisé des études sur les plus de deux millions de jeunes qui ont reçu l’enseignement musical d’El Sistema. Cette étude montre un lien entre la participation au programme El Sistema et l'amélioration de la fréquentation scolaire ainsi que la baisse de la délinquance juvénile. Pesant les avantages tels qu'un fléchissement des taux de décrochement scolaire et une baisse de la criminalité, la banque a pu calculer que chaque dollar investi dans El Sistema recueillait environ 1,68 $ en dividendes sociaux… Soutenu par le gouvernement, El Sistema a pu inclure son programme de musique dans le cursus des écoles publiques, visant à être présent dans toutes les écoles et à soutenir plus de 500 000 enfants d'ici à 2015. 
Le 5 novembre 2007, John Williams a déclaré dans le journal vénézuélien El Nacional : «  C'est quelque chose d'unique qui doit être vu par tout le monde […] [et] dont nous un besoin urgent ici [aux États-Unis]. » Alexander Bernstein l’a confirmé le 12 janvier 2008 : « C’est quelque chose dont nous avons besoin aux États-Unis » (El Universal  de Caracas, Venezuela). 
Le 22 novembre 2007, Julian Lloyd Webber a dit à propos de l'annonce du gouvernement britannique d'une attribution de £ 332 000 000 pour l'enseignement exclusif de la musique : « Nous devons aussi remercier un pays pauvre sud-américain. En août dernier, au milieu des vacances scolaires, quand un certain nombre d'enfants britanniques en difficulté semblaient encore plus mécontents que d'habitude, le Simon Bolivar Youth Orchestra est arrivé du Venezuela pour offrir des spectacles au Festival d'Édimbourg et aux Proms de Londres ; cela a eu un effet tout simplement miraculeux. » Lloyd Webber a été nommé par le gouvernement britannique président d'un groupe de pilotage pour l'enseignement de la musique et un projet de développement communautaire inspiré d'El Sistema. 
Sistema Ecosse a été établi en Écosse avec une subvention de la Scottish Arts Council, à la suite d'une initiative de son président Richard Holloway, dans le but de briser le cycle de la pauvreté dans la région défavorisée économiquement de Raploch, et à Stirling, où l'espérance de vie masculine est de moins de 63 ans. 
En Angleterre, le ministère de la Culture a consacré 2 millions de livres à un programme de trois ans, appelé In Harmony, qui se concentrera sur trois régions pauvres. 
Le 14 février 2008, El Sistema (fondateur José Antonio Abreu) a reçu le Prix Glenn-Gould. Dans son compte rendu après sa visite (2008) à Caracas, Brian Levine, directeur général, écrit : « El Sistema a démontré de façon concluante que l'éducation musicale est une passerelle vers l'apprentissage continu et un avenir meilleur. » 
Un film documentaire récompensé a été réalisé sur le thème de El Sistema, intitulé Tocar y Luchar (Play and Fight, 2004). En 2008, un autre documentaire sur El Sistema a été réalisé par Paul Smaczny et Maria Stodtmeier : c’est ce film qui sera présenté à Prades le 14 juin 2013 par les Ciné-Rencontres et les Samedis musicaux. 
 
El Sistema-France, un développement social et musical unique
El Sistema-France est un programme de secours social, de transformation culturelle profonde, pour toute la société française sans distinction, qui met l’accent sur les groupes sociaux vulnérables et en danger. Il suit un modèle éprouvé qui démontre comment un programme musical peut créer de grands musiciens et changer la vie de centaines de milliers d’enfants démunis au sein d’un pays. Cette méthode met l’accent sur la participation intensive dès le tout début, sur l’apprentissage en groupe, sur l’enseignement mutuel, sur un engagement pris à garder ensemble la joie d’apprendre en s’amusant et sur l’omniprésence de la musique. La méthode est souvent qualifiée ainsi : « D’abord la passion et ensuite le perfectionnement. » La formation repose essentiellement sur le travail en groupe, en chœur et en orchestre, ainsi que sur une préparation permettant d’intégrer les orchestres.
 
Le projet a pour objectifs :
- d’intégrer les enfants de l’école primaire dans une pratique orchestrale et chorale intensive à long terme ;
- de s’implanter et se développer dans la communauté pour y promouvoir le développement de chœurs et d’orchestres de jeunes prioritairement, mais aussi d’adultes ;
- de préparer les futures équipes de formation à partir de l’équipe de formateurs titulaires pour de futurs projets et de perfectionner les méthodes pédagogiques. 
La mission d’El Sistema va au-delà de la musique : c’est une mission sociale, c’est un mode de vie, et l’orchestre dans ce contexte devient le modèle, l’idéal pour une communauté, pour un pays, pour le monde. Dans le contexte des barrios, des quartiers difficiles du Venezuela, les orchestres d’El Sistema donnent aux jeunes l’opportunité d’avoir un objectif, un espoir, un métier et un statut social. La musique par conséquent n’est plus seulement un mode d’expression ou un supplément d’âme, c’est un vecteur d’ascension et un programme d’insertion sociale.
 
La musique pour tous
 
Lorsqu’il a commencé avec 11 jeunes dans un garage à Caracas en 1975, José Antonio Abreu est parti du constat que de faire la musique en groupe est un droit pour tous. Tout un chacun porte en lui un potentiel, et au lieu d’adopter une approche sélective où l’on soutient l’exception et le talent, l’idée est plutôt de développer et permettre de s’épanouir les capacités spécifiques de chaque enfant. A l’image du langage, la musique est un mode d’expression que l’on peut développer à différents niveaux, si l’on adopte l’approche individualisée et si l’on commence suffisamment tôt. A la base du Sistema, les núcleos, les unités qui prennent en charge les enfants parfois dès 2 ans d’âge, parfois avec des besoins particuliers (il existe parmi de nombreuses formations un chœur destiné aux enfants à handicaps divers : Coro de Manos Blancas), qui passent leur temps extra-scolaire à apprendre des bases de la théorie musicale, et surtout, à jouer dans des formations diverses. La plupart des enfants viennent des barrios, et l’on leur dispense le repas, le transport et la location des instruments. La plupart des enfants viennent des classes les plus défavorisées, mais une partie des élèves de la classe moyenne font le choix d’intégrer le Sistema.
 
El Sistema comme une famille
 
L’autre postulat fort de l’approche du Sistema, c’est que la pratique de la musique en groupe; comme le souligne Gustavo Dudamel lui-même, tous les élèves ont le sentiment d’appartenir à une famille. Au lieu d’assister à un cours individuel et de pratiquer la musique seuls chez eux, ils apprennent en groupe, grandissent et murissent ensemble. On apprend la solidarité, la vie en groupe, l’écoute et la valorisation des compétences de chacun, au lieu de pousser l’individualisme à son paroxysme, ce qui est propre à nos pédagogies européennes dans la formation musicale. 
Tous les núcleos du pays travaillent selon les mêmes méthodes, inspirées des méthodes comme Suzuki, Kodaly ou Orff, autour d’un répertoire standard, mélange du répertoire classique et de la musique populaire latino-américaine. Le seul objectif est de donner à tous les mêmes bases, la même confiance en soi et la même culture musicale. Les talents exceptionnels émergent naturellement, mais ne sont pas un objectif de cette pédagogie. Les núcleos ne sont pas non plus équipés de façon à accompagner les surdoués ; leur trajectoire, comme c’était le cas pour Gustavo Dudamel, les mène ailleurs. 
Les plus jeunes sont parrainés par les plus grands (la célèbre pédagogue Maria Montessori a depuis plus d’un siècle appliqué le principe de l’enseignement intergénérationnel dans sa pédagogie). Les répétitions sont quotidiennes et sont basées sur un partage progressif. Chaque niveau part d’une formation orchestrale adaptée, jusqu’à la formation professionnelle, qui est l’Orchestre des Jeunes Simon Bolivar, dont Gustavo Dudamel assure la direction artistique. 
Certains détracteurs du Sistema souligneront la mainmise du gouvernement sur le projet. Cependant, comme l’explique Eduardo Méndez, le directeur exécutif du FundaMusical (nouvelle appellation pour la structure), El Sistema fonctionne en dehors du contexte politique. C’est un programme d’Etat, et non pas un programme lié à un gouvernement spécifique. Et Dudamel de rajouter : « Nous dispensons une éducation à nos enfants. Les gens aiment à politiser, mais cela n'est pas justifié. » L’argument majeur est cependant qu’El Sistema existe, se développe et progresse depuis plus de 30 ans, et n’est pas près de s’arrêter, contrairement au tableau plutôt morose des contextes d’enseignement artistique en général partout ailleurs dans le monde. Plus de 25 pays dans le monde ont adopté et adapté cette pédagogie à dimension sociale, et l'UNESCO a reconnu son utilité à l'échelle internationale. 
A l’heure où l’enseignement artistique est retiré des programmes scolaires, où les coupes budgétaires étouffent les orchestres à forte implication pédagogique, pour ne citer que deux sujets brûlants de notre actualité culturelle proche, El Sistema vénézuélien mérite une attention tout particulière. Au bout de trente ans, son impact social et culturel n'est plus à prouver; au lieu de le traiter de phénomène, il serait temps de le prendre comme modèle.
(D’après Suzana Kubik)
 
El Sistema à Salzburg
 
Le « Chœur Mains Blanches » se produira pour la première fois en dehors du Venezuela dans le cadre de la résidence El Sistema au Festival de Salzbourg en août 2013 et fera deux apparitions au Mozarteum, qu’à la fois les enfants, les adolescents et les adultes trouveront impressionnantes. 
Le « Chœur Mains Blanches » (Coro de Manos Blancas) a été fondé en 1999 dans le cadre du programme El Sistema d'éducation spéciale au Venezuela, dans le but d'améliorer l'intégration sociale des enfants et adolescents atteints de divers handicaps en leur faisant faire de la musique avec des enfants non handicapés. 
Le chœur se compose de deux groupes qui ont différentes formes d'expression artistique et se complètent ainsi les uns les autres d'une manière fascinante : une partie du chœur, composée d'enfants présentant une insuffisance cognitive ou motrice ou une déficience visuelle, chante, tandis que les membres sourds-muets de la chorale accompagnent le chant de mouvements artistiques expressifs, les mains gantées de blanc. 
« Pour les enfants avec qui nous travaillons, la musique est pratiquement la seule voie vers une existence sociale dans la dignité humaine. La pauvreté, c'est la solitude, la tristesse, l'anonymat. Un orchestre, c’est de la joie, de la motivation, du travail d'équipe, la recherche de la réussite », a déclaré José Antonio Abreu. Pour lui, l'orchestre est d'abord et avant tout une communauté où les enfants apprennent à écouter et à se respecter mutuellement. Ainsi, l'objectif est de les intégrer dans un réseau social dans lequel chaque individu assume une responsabilité commune et contribue aux résultats obtenus en commun. 
Dans le cadre du Festival de Salzbourg 2013, ce projet visionnaire et exemplaire sera présenté pour la première fois dans un contexte plus large et dans toute sa diversité à l'extérieur du Venezuela. Pour atteindre cet objectif, le Festival de Salzbourg a invité non seulement l'Orchestre symphonique Simón Bolívar - phare du programme de formation orchestrale, qui s’est déjà produit à Salzbourg - mais aussi cinq autres ensembles El Sistema. La sélection des ensembles, notamment l'invitation du Chœur Mains Blanches, prouve que El Sistema est avant tout un projet social qui lutte contre toute forme d’exclusion. 
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LES SAMEDIS MUSICAUX DE PRADES
71, rue du Palais-de-Justice, 66500 Prades
Contact : 04 68 96 11 35 Courriel : bernard-pecheur@wanadoo.fr
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