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Les Samedis Musicaux de Prades

L'association "Les Samedis Musicaux" de Prades organise un samedi par mois un concert à Prades, dans les Pyrénées-Orientales (France). Consultez régulièrement ce site Internet ou abonnez-vous à notre bulletin électronique d'informations pour découvrir la programmation de nos prochains concerts.

Samedi 14 février 2009 à 16 h - Projection du DVD de la « Saison 2007-2008 » des Samedis Musicaux au Lido de Prades

Publié le 26 Janvier 2009 par Samedis Musicaux in Concerts archivés

LE SAMEDI 14 FÉVRIER 2009 À 16 HEURES

AU CINÉMA « LE LIDO »

Présentation du DVD d'Olivier Moulaï


et Maurice Lafourcade :


« SAISON 2007-2008 »


des Samedis musicaux de Prades


Seront aussi projetés deux autres courts métrages
à thème musical du même réalisateur.


Entrée : 15 € (avec remise d'un DVD gratuit).
Entrée libre pour les enfants jusqu'à 12 ans.

Billetterie : Office du Tourisme de Prades, Magasin Renouf et à l'entrée.

Sainte Cécile à l'orgue

Ont participé à cette saison 2007-2008 :

 

Mireia Farrés et Ilton Wjuniski

Montserrat Figueras, Begoña Olavide,

Arianna Savall, Pierre Hamon

et Dmitri Psonis

Michael Faust et Ilton Wjuniski

Joël Pons, Philippe Couvert et Carole Parer

(trio « La Fidelissima »)

Maria Escobar et Heidrun Bergander

Francois-Michel Rignol

Alain Bednarczyk, Cristina Sahuquillo

et Míriam Manubens

(trio « Art 3 »)

Jordi Molina et Josep Maria Escalona

Marie-Claire Delay et Denis Abbate

Nicolas Vallette, Lionel Allemand,

Agnès Bonjean et Isabel Soccoja

(ensemble « Pyxis »)

Birthe Blom et Albert Pià

Aline Zylberajch et Florentino Calvo.


Voici le texte d'accompagnement du DVD, d'abord en français puis en catalan :


L'ombre et les rossignols

Ce film est né de la volonté de promouvoir en Catalogne, à une échelle que nous nous efforcerons d'élargir selon nos moyens, la vie musicale dans toute sa diversité, à partir de cette ville de Prades que Pau Casals a jadis honorée de sa présence. Peu enclins à traiter l'art et les artistes en marchandises « culturelles », nous avons contribué très modestement à favoriser l'accès à un univers artistique dans lequel il est donné à chacun, aux antipodes de la consommation passive, d'apprendre à se connaître, à appréhender son environnement et par conséquent à orienter son devenir.
L'action menée sur ces bases au cours des sept dernières années a été jugée assez positive pour qu'il nous paraisse souhaitable d'évoquer sous la forme d'un DVD une saison tout entière des Samedis musicaux, celle de 2007-2008, avec ses artistes, son public et ses lieux de rencontre. Puisse cette réalisation d'Olivier Moulaï et de Maurice Lafourcade contribuer aussi à assurer de plus larges soutiens à la poursuite de cette entreprise, dont les ambitions dépassent largement les ressources.
Nous devons ici contester une pseudo-évidence énoncée autrefois par Bertolt Brecht à l'adresse de Paul Hindemith : « La musique n'est pas une arche sur laquelle on peut survivre au déluge. » Certes, l'art a rarement protégé contre le totalitarisme le plus primitif, mais les archaïsmes de ce type de domination sont aujourd'hui assez largement effacés ou aimablement travestis au goût du jour pour que le règne planétaire de la servitude volontaire, de l'idolâtrie technologique et du postfascisme larvé impose un peu plus de discernement.
En effet, au point que nous avons atteint, quiconque possède un art et l'exprime en public à un haut niveau de sensibilité et d'intégrité entretient et propage des traces d'humanité de plus en plus rares et indésirables, faisant objectivement acte de subversion dans cette « société de masse » dont Hannah Arendt observait déjà qu'elle « ne veut pas la culture, mais les loisirs ». Non seulement il survit ainsi au « déluge » contemporain, générateur de misère affective et d'effondrement mental, mais il en aide de moins favorisés à s'y soustraire.

Bien entendu, toutes les musiques représentées ici sont archi-minoritaires, en regard du déferlement sonore qui crétinise et anesthésie sans trêve les multitudes. Loin d'apporter de vaines consolations, l'irruption de ces instants de beauté dans quelques existences va cependant à l'essentiel : « ... l'ignorance, l'obscurantisme, le mauvais goût ou la stupidité ne résultent pas de simples carences, ce sont autant de forces actives, qui s'affirment furieusement à chaque occasion, et ne tolèrent aucune dérogation à leur tyrannie. Le talent inspiré est toujours une insulte à la médiocrité. »
L'auteur de cette lignes, Simon Leys, cite une justification fournie autrefois à un écrivain par un voisin rural normalement hébété qui venait d'abattre un orme séculaire : « Cet arbre donnait de l'ombre et il était infesté de rossignols. » Tel pourrait être l'archétype même des motifs invoqués aujourd'hui par les nuisibles qui s'affairent partout, chacun dans sa spécialité, à aménager notre territoire.
Nous tenons à exprimer ici notre amitié à ceux qui nous ont accompagnés au cours de ces dernières années, et nous leur offrons cette réflexion de Lewis Mumford, dont la lucidité n'a cessé de se confirmer depuis 1972 : « Plus notre situation présente semble désespérée, alors que nous devons faire face à la fois au déséquilibre écologique de l'environnement et au déséquilibre psychologique des esprits, plus il est impératif de ne pas perdre espoir. La génération à venir dispose encore d'une autre option, la plus ancienne pour l'homme : celle de cultiver consciemment les arts qui humanisent l'homme. »


Décembre 2008.

L'ombra i els rossinyols


Aquesta pel.lícula neix de la voluntat de promoure dins Catalunya, a una escala que nosaltres ens esforçarem d'estendre d'acord amb els nostres mitjans, la vida musical en tota la seva diversitat, a partir d'aquest Prades, ciutat la qual antany Pau Casals va honorar amb la seva presència. Poc predisposats a tractar l'art i els artistes com si fossin mercaderies "culturals", nosaltres hem contribuït molt modestament a afavorir l'accés a un univers artístic amb el qual, a les antípodes del consum passiu, cadascú pot aprendre a conèixer-se, a copsar el seu voltant i, en conseqüència, a orientar el seu esdevenir.
L'acció que conduïm des de fa set anys sobre aquestes bases, l'hem jutjada prou positiva com per semblar-nos desitjable evocar amb forma de DVD una temporada completa de Dissabtes musicals, la de 2007-2008, amb els seus artistes, el seu públic i els seus llocs de trobada. Pugui aquesta realització d'Olivier Moulaï i de Maurice Lafourcade contribuir també a assegurar majors suports a la continuació d'aquest propòsit, les ambicions del qual sobrepassen àmpliament els seus recursos.
Aquí hem d'impugnar una pseudo-evidència enunciada fa temps per Bertold Brecht a l'intenció de Paul Hindemith: "La música no és una arca amb la qual hom pot sobreviure al diluvi." Sense cap mena de dubte, l'art ha protegit rarament contra el més primitiu totalitarisme, però els arcaismes d'aquest tipus de dominació avui estan bastant desdibuixats o bé amablement disfressats segons el caprici de moda per a què el regne planetari de la servitud voluntària, de la idolatria tecnològica i del postfeixisme larvat imposi una mica més de seny.
En efecte, arribats en aquest punt, qualsevol que tingui un art i l'expressi en públic amb un alt nivell de sensibilitat i d'integritat, manté i propaga trets d'humanitat cada vegada més estranys i indesitjables, fent objectivament acte de subversió en aquesta "societat de masses" de la qual Hannah Arendt ja senyalava que "no volia cultura, sinó oci". D'aquesta forma amb això no solament sobreviu al "diluvi" contemporani, generador de misèria afectiva i d'enfonsament mental, sinó que a més ajuda els menys afavorits a sostreure-s'hi.


Evidentment, totes les músiques aquí representades són força minoritàries, en relació amb el rebombori sonor que sense treva cretinitza i anestesia les multituds. Lluny d'aportar consolacions vanes, la irrupció d'aquests instants de bellesa en unes quantes existències va nogensmenys a l'essencial: "...la ignorància, l'obscurantisme, el mal gust o l'estupidesa no neixen de simples carències, també són forces actives que enfurismadament s'afirmen a cada ocasió i que no toleren cap derogació de la seva tirania. El talent inspirat és sempre un insult a la mediocritat."
L'autor d'aquestes línies, Simon Leys, cita una justificació feta temps fa a un escriptor per un veí rural normalment tanoca que acabava de abatre un om centenari: "Aquest arbre donava ombra i estava infestat de rossinyols." Aquest podria ser l'arquetipus dels motius invocats avui pels vàndals que s'afanyen per tot arreu, cadascú segons la seva especialitat, a recompondre el nostre territori.
Volem ara manifestar nostra amistat a qui ens han fet companyia en el curs d'aquests últims anys, als qui oferim aquesta reflexió de Lewis Mumford, d'una lucidesa que no ha deixat de confirmar-se des de 1972: "Quan més desesperada sembla la situació present, on a l'hora hem d'enfrontar-nos al desequilibri ecològic de l'entorn i al desequilibri psicològic dels esperits, més imperatiu és de no perdre l'esperança. La generació que ha de venir encara disposa d'una altra opció, la més antiga per l'home: la de conrear conscientment les arts que humanitzen l'home."


Desembre de 2008.


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