Samedi 28 février 2009 6 28 /02 /Fév /2009 12:34

« Ceci est la couleur de mes rêves »

 

Lecture musicale et poétique

de l'œuvre de Joan Miró

donnée le 14 mars 2009 à 18 h 30

à l'Hôtel de ville de Prades

 

par Paul Abirached (guitare)

Virgile Lefevre (saxophone soprano)

et Julia Gómez (poèmes)



« En 2004, à Paris, en visitant l'exposition La naissance du monde présentée par le Centre Pompidou, j'ai découvert l'importance, la richesse et la complexité de l'oeuvre du peintre Joan Miró.

J'avais jusqu'alors une vision de son univers limitée à ses couleurs vives et gaies, à des tableaux où l'humour, l'imaginaire, le symbolique occupaient une place de première importance, mais je ne percevais pas encore toute la profondeur de cette oeuvre.

En m'approchant de sa démarche créatrice, notamment par la lecture de ses écrits, j'ai été conduit à m'en inspirer dans mon travail de musicien.

La musique à l'instar de la poésie joue un rôle majeur dans la force suggestive de ses tableaux. Miró y trouve une source d'inspiration et un véritable moyen d'évasion. Ses goûts musicaux vont des classiques Bach, Beethoven, Mozart, aux modernes De Falla, Stravinsky, Ravel, Bartok, Schoenberg, en passant par le jazz, qu'il découvre lors de son séjour new-yorkais en 1947.

Miró confie au critique d'art Georges Charbonnier que pour lui « une toile est un rythme musical et poétique » et qu'il « ne différencie pas le poète, le musicien, le peintre ».

En effet, Miró explicite dans ses écrits un processus de création qui semble à plusieurs égards commun à la composition picturale, poétique ou musicale.

En premier lieu vient la suggestion : le peintre part du trait, le poète du mot et le musicien de la note. Cette première étape libre et inconsciente est celle du geste pur, du mouvement parfois incontrôlé qui laisse libre cours au hasard, à l'accident. Puis vient l'organisation des formes, et enfin l'enrichissement de la composition.

On retrouve ces trois données dans la composition musicale et dans la pratique de l'improvisation.

S'est imposé alors à moi comme une évidence le besoin de donner une lecture musicale de l'œuvre de Joan Miró. C'est en m'inspirant de sa peinture et de son esthétique créatrice que j'ai commencé à imaginer un projet mêlant musique écrite et improvisation libre. »

Paul Abirached

 

Répertoire inspiré des tableaux projetés :

 

Ceci est la couleur de mes rêves

Chiffres et constellations amoureux d'une femme

Nature morte au vieux soulier

Danseuse espagnole

Femme et oiseau dans la nuit

Park Güell

Le carnaval d'Arlequin

Montroig

Le village


Le choix du répertoire a été guidé par la volonté de donner une lecture musicale du parcours créatif de Miró, depuis sa peinture des débuts, profondément ancrée dans la nature catalane, dans la réalité du détail, dans l'émerveillement, jusqu'à une peinture du rêve, poétique.

Tour à tour figuratives, abstraites, espiègles, drôles, parfois sombres, empreintes de tristesse et de nostalgie, ces pièces musicales se veulent le reflet d'un univers double. Le monde de Miro est celui du jeu, de la couleur, animé par un alphabet de symboles, mais c'est aussi celui de l'espace vide, du noir, habité par des figures fantômes, spectrales.


La dimension poétique

Le choix d'ajouter une dimension littéraire à ce projet a été motivé par l'envie de faire découvrir au public une part méconnue du travail de Joan Miró : sa poésie.

De façon comparable à sa peinture, sa poésie se présente comme une constellation d'images, de rythmes, sans logique apparente, pure résultante d'une création qui laisse libre court au flux de l'inconscient.

Là encore, il est frappant de voir les parallèles établis entre peinture, poésie et musique qui participent du même processus créatif.

Nous avons extrait ces poèmes de deux corpus de textes correspondants aux années 1936-1939 et 1945-1955.

La première période est celle des années où Miró vivait à Paris, prenant conscience dans sa solitude de la réalité accablante des événements relatifs à la guerre civile en Espagne. Incapable de peindre, l'écriture poétique devient pour lui un substitut à la peinture.

Miró projettera l'envie d'éditer ces poèmes sous la forme d'un livre, ainsi qu'il l'indique dans des notes datant de 1938-1939 :

« Reproduire des toiles avec des titres très poétiques. Parallèle entre la poésie et la peinture, comme entre musique et peinture.

Intercaler dans ce livre eaux-fortes, lithographies, etc., et reproductions de plusieurs peintures poétiques.

Reproduire aussi une belle page d'astronomie.

Plutôt qu'une partition de musique de Wagner, reproduire une musique avec des notes qui suivent un rythme comme mes peintures. »

La seconde période est celle des Titres-Poèmes. Inspirés par sa poésie des années 30, ils sont comparables à une sorte d'accompagnement des tableaux. Les mots entrent en résonance avec les images qui se forment sur la toile, renforçant ainsi l'allusion poétique.

La lecture de ces poèmes est faite de manière discontinue au cours du spectacle. Ils s'intercalent entre les morceaux, faisant office d'interludes et viennent parfois se juxtaposer à la musique.


Paul Abirached Paul Abirached

Né en 1977 à Paris, Paul Abirached débute la guitare à l'âge de quinze ans. Après avoir obtenu une licence de lettres modernes en 1998, il décide de se consacrer entièrement à la musique.

Il entre alors au Conservatoire Nadia et Lili Boulanger du IXe arrondissement de Paris où il suit les cours d'ensemble du vibraphoniste Philippe Macé, étudie l'harmonie avec le pianiste Bernard Maury, et l'arrangement avec le saxophoniste Pierre Bertrand.

Il travaille la guitare auprès de Marco Campoarris et Misja Fitzgerald-Michel.

En 2001, il obtient un DEUG de musicologie à l'université Paris-8 de Saint-Denis, où il rencontre le saxophoniste Virgile Lefebvre.

Dans le cadre de la faculté, il participe au workshop du contrebassiste Yves Torchinsky et assiste à plusieurs master class avec Joe Bowie, Abbey Lincoln, Roy Haynes, François Corneloup.

Depuis 2003, il se partage entre son activité d'enseignant et de musicien.

Il se produit régulièrement sous son nom dans les clubs de jazz parisien dans des formations allant du solo au quartet.

Avant de se consacrer à l'écriture de son projet en hommage à Joan Miró, il a collaboré avec Virgile Lefebvre pour la création d'un spectacle dédié à la poésie de Heinrich Heine, joué à l'Institut français de Rostock en octobre 2006.

 

Virgile Lefebvre

Virgile Lefebvre Né le 23 septembre 1977 à Clamart. Après avoir été initié aux différentes formes d'écriture et d'improvisation du jazz à l'Edim (Ecole de jazz et musiques improvisées), Virgile Lefebvre suit des études de musicologie à l'université Paris-8 de Saint-Denis et, parallèlement, étudie le saxophone au conservatoire du 9e arrondissement.

Très vite attiré par la composition et l'arrangement, il participe à plusieurs formations de jazz.

Il se partage actuellement entre son activité de compositeur et la création d'univers sonores pour le multimédia.

Son travail d'écriture est axé sur la rencontre entre le jazz et la poésie.

Il crée deux répertoires autour de l'œuvre de Paul Celan et du poète allemand Heinrich Heine, en étroite collaboration avec Jean-Pierre Lefebvre, enseignant à l'Ecole normale supérieure de Paris, et des musiciens de jazz.

Ces deux spectacles ont été donnés depuis l'année 2006 dans le cadre de la maison Heine de Paris, au Grand-Palais à l'occasion de l'exposition Monumenta et également dans les Instituts français de Berlin, Madrid, Rostock et Düsseldorf.

Récemment, il vient d'achever l'écriture d'une musique pour un film consacré au « Poète à New York » de Federico Garcia Lorca.

 

Julia Gómez Julia Gómez

Comédienne espagnole née à La Corogne en 1979, elle commence à se former aux arts dramatiques pendant ses études de journalisme à Saint-Jacques de Compostelle.

Professionnelle depuis 2001, elle continue sa formation théâtrale à Madrid en suivant les cours d'Adan Black à « La Sala ».

Après plusieurs expériences au théâtre, à la télévision et au cinéma, elle s'installe en France et s'inscrit au Conservatoire d'art dramatique de Nantes en 2005.

Elle travaille actuellement au Centre culturel franco-espagnol de Nantes, où elle anime plusieurs ateliers de théâtre en espagnol.

Elle participe aussi à des projets de création théâtrale, notamment avec Cyril Teste et le Théâtre universitaire de Nantes.

 



Les tableaux projetés :

 

Ceci est la couleur de mes rêves

 

Chiffres et constellations, amoureux d'une femme

 

Nature morte au vieux soulier

 

Danseuse espagnole

 

Femme et oiseau dans la nuit

 

Le carnaval d'Arlequin

 

Siurana, le sentier

 

Prades, le village

 

Poèmes


« Ce n'est pas la vie réelle d'un homme, celle que les autres connaissent qui est la vraie, dit Miro. C'est l'image qu'ils s'en font. Le vrai Miro, c'est autant celui que je suis, tel que je me connais, que celui que je suis devenu pour les autres, et peut-être aussi pour moi. L'essentiel, n'est-ce pas ce rayonnement mystérieux émané du foyer occulte où l'œuvre s'élabore et qui finit par devenir tout l'homme ? La vraie réalité est là.

Réalité plus profonde, ironique, qui se moque de celle qui est sous nos yeux ; et, pourtant, c'est la même. Il faut seulement l'éclairer par en dessous, d'un rayon d'étoile.

Alors tout devient insolite, instable, net et embrouillé à la fois.

Les formes s'engendrent en se transformant. Elles s'échangent et créent ainsi la réalité d'un univers de signes et de symboles où les figures passent d'un règne à l'autre, touchent d'un pied aux racines, sont racines et vont se perdre dans la chevelure des constellations.

C'est comme une espèce de langage secret, composé de formules d'enchantement, et qui est d'avant les mots, du temps où ce que les hommes imaginaient, pressentaient, était plus vrai, plus réel que ce qu'ils voyaient, était la seule réalité. »

Déclaration, XXe siècle, 1957


« Les mains qui applaudissent sont des colombes blanches qui battent de l'aile devant la caresse du velours bleu

 

Coquillages sur une nappe blanche pour ouvrir les nattes d'une jeune fille de dix-huit ans évanouie

 

Deux grandes dames minces habillées en noir une longue plume de canari au chapeau sortent du concert

 

Poisson qui glisse entre les mains

 

Respiration de Vénus

 

Une abeille joue du violoncelle avec la harpe d'un brin d'herbe

 

Un papillon jaune fait son nid dans le décolleté de mon amie qui marche nu-pieds sur l'océan pour faire pousser des coquelicots

 

Ciel étoilé par des astres à décharges électriques »

1936

« Un verre de lait blanc sur une nappe blanche

une cerise rouge

scarabée vert

arc-en-ciel

étoile filante

une guitare

tombe du ciel

les cordes de cette guitare croisent l'espace

les hirondelles

font un nid sur chaque corde

cette corde étrangle une femme qui fut belle »

26-IX-37

 

« L'oiseau boum-boum fait sa prière à la tête pelure-d'oignon

Les jasmins embaument de leur parfum doré la robe de la jeune fille

L'oiseau au regard calme les ailes en flammes

Paysan catalan inquiet par le passage d'un vol d'oiseaux

La tige de la fleur rouge pousse vers la lune

Jeunes filles couvrant d'une robe aux rectangles sombres leur nudité transparente à l'aube

L'arc-en-ciel des plumes du bel oiseau atteint l'horizon

Et l'oiseau s'enfuit vers les pyramides aux flancs ensanglantés par la chute des rubis

Dame au chapeau en spirale dans la nuit

L'étreinte du soleil à l'amoureux

Les vrilles des moustaches face aux oiseaux flamboyants

L'oiseau déploie son beau plumage

La chanson du bleu de la lune à la verte robe aux étincelles jaunes

L'oiseau s'enfuit vers l'azur

L'oiseau déploie les ailes pour parer de ses plumes les étoiles

A la lueur de la lune le soleil couchant nous caresse »

1952

Plus de détails à cette adresse (avec possibilité d'écouter des extraits musicaux et de regarder des extraits vidéo) : http://www.myspace.com/projetmiro

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Lundi 26 janvier 2009 1 26 /01 /Jan /2009 22:01
LE SAMEDI 14 FÉVRIER 2009 À 16 HEURES

AU CINÉMA « LE LIDO »

Présentation du DVD d'Olivier Moulaï


et Maurice Lafourcade :


« SAISON 2007-2008 »


des Samedis musicaux de Prades


Seront aussi projetés deux autres courts métrages
à thème musical du même réalisateur.


Entrée : 15 € (avec remise d'un DVD gratuit).
Entrée libre pour les enfants jusqu'à 12 ans.

Billetterie : Office du Tourisme de Prades, Magasin Renouf et à l'entrée.

Sainte Cécile à l'orgue

Ont participé à cette saison 2007-2008 :

 

Mireia Farrés et Ilton Wjuniski

Montserrat Figueras, Begoña Olavide,

Arianna Savall, Pierre Hamon

et Dmitri Psonis

Michael Faust et Ilton Wjuniski

Joël Pons, Philippe Couvert et Carole Parer

(trio « La Fidelissima »)

Maria Escobar et Heidrun Bergander

Francois-Michel Rignol

Alain Bednarczyk, Cristina Sahuquillo

et Míriam Manubens

(trio « Art 3 »)

Jordi Molina et Josep Maria Escalona

Marie-Claire Delay et Denis Abbate

Nicolas Vallette, Lionel Allemand,

Agnès Bonjean et Isabel Soccoja

(ensemble « Pyxis »)

Birthe Blom et Albert Pià

Aline Zylberajch et Florentino Calvo.


Voici le texte d'accompagnement du DVD, d'abord en français puis en catalan :


L'ombre et les rossignols

Ce film est né de la volonté de promouvoir en Catalogne, à une échelle que nous nous efforcerons d'élargir selon nos moyens, la vie musicale dans toute sa diversité, à partir de cette ville de Prades que Pau Casals a jadis honorée de sa présence. Peu enclins à traiter l'art et les artistes en marchandises « culturelles », nous avons contribué très modestement à favoriser l'accès à un univers artistique dans lequel il est donné à chacun, aux antipodes de la consommation passive, d'apprendre à se connaître, à appréhender son environnement et par conséquent à orienter son devenir.
L'action menée sur ces bases au cours des sept dernières années a été jugée assez positive pour qu'il nous paraisse souhaitable d'évoquer sous la forme d'un DVD une saison tout entière des Samedis musicaux, celle de 2007-2008, avec ses artistes, son public et ses lieux de rencontre. Puisse cette réalisation d'Olivier Moulaï et de Maurice Lafourcade contribuer aussi à assurer de plus larges soutiens à la poursuite de cette entreprise, dont les ambitions dépassent largement les ressources.
Nous devons ici contester une pseudo-évidence énoncée autrefois par Bertolt Brecht à l'adresse de Paul Hindemith : « La musique n'est pas une arche sur laquelle on peut survivre au déluge. » Certes, l'art a rarement protégé contre le totalitarisme le plus primitif, mais les archaïsmes de ce type de domination sont aujourd'hui assez largement effacés ou aimablement travestis au goût du jour pour que le règne planétaire de la servitude volontaire, de l'idolâtrie technologique et du postfascisme larvé impose un peu plus de discernement.
En effet, au point que nous avons atteint, quiconque possède un art et l'exprime en public à un haut niveau de sensibilité et d'intégrité entretient et propage des traces d'humanité de plus en plus rares et indésirables, faisant objectivement acte de subversion dans cette « société de masse » dont Hannah Arendt observait déjà qu'elle « ne veut pas la culture, mais les loisirs ». Non seulement il survit ainsi au « déluge » contemporain, générateur de misère affective et d'effondrement mental, mais il en aide de moins favorisés à s'y soustraire.

Bien entendu, toutes les musiques représentées ici sont archi-minoritaires, en regard du déferlement sonore qui crétinise et anesthésie sans trêve les multitudes. Loin d'apporter de vaines consolations, l'irruption de ces instants de beauté dans quelques existences va cependant à l'essentiel : « ... l'ignorance, l'obscurantisme, le mauvais goût ou la stupidité ne résultent pas de simples carences, ce sont autant de forces actives, qui s'affirment furieusement à chaque occasion, et ne tolèrent aucune dérogation à leur tyrannie. Le talent inspiré est toujours une insulte à la médiocrité. »
L'auteur de cette lignes, Simon Leys, cite une justification fournie autrefois à un écrivain par un voisin rural normalement hébété qui venait d'abattre un orme séculaire : « Cet arbre donnait de l'ombre et il était infesté de rossignols. » Tel pourrait être l'archétype même des motifs invoqués aujourd'hui par les nuisibles qui s'affairent partout, chacun dans sa spécialité, à aménager notre territoire.
Nous tenons à exprimer ici notre amitié à ceux qui nous ont accompagnés au cours de ces dernières années, et nous leur offrons cette réflexion de Lewis Mumford, dont la lucidité n'a cessé de se confirmer depuis 1972 : « Plus notre situation présente semble désespérée, alors que nous devons faire face à la fois au déséquilibre écologique de l'environnement et au déséquilibre psychologique des esprits, plus il est impératif de ne pas perdre espoir. La génération à venir dispose encore d'une autre option, la plus ancienne pour l'homme : celle de cultiver consciemment les arts qui humanisent l'homme. »


Décembre 2008.

L'ombra i els rossinyols


Aquesta pel.lícula neix de la voluntat de promoure dins Catalunya, a una escala que nosaltres ens esforçarem d'estendre d'acord amb els nostres mitjans, la vida musical en tota la seva diversitat, a partir d'aquest Prades, ciutat la qual antany Pau Casals va honorar amb la seva presència. Poc predisposats a tractar l'art i els artistes com si fossin mercaderies "culturals", nosaltres hem contribuït molt modestament a afavorir l'accés a un univers artístic amb el qual, a les antípodes del consum passiu, cadascú pot aprendre a conèixer-se, a copsar el seu voltant i, en conseqüència, a orientar el seu esdevenir.
L'acció que conduïm des de fa set anys sobre aquestes bases, l'hem jutjada prou positiva com per semblar-nos desitjable evocar amb forma de DVD una temporada completa de Dissabtes musicals, la de 2007-2008, amb els seus artistes, el seu públic i els seus llocs de trobada. Pugui aquesta realització d'Olivier Moulaï i de Maurice Lafourcade contribuir també a assegurar majors suports a la continuació d'aquest propòsit, les ambicions del qual sobrepassen àmpliament els seus recursos.
Aquí hem d'impugnar una pseudo-evidència enunciada fa temps per Bertold Brecht a l'intenció de Paul Hindemith: "La música no és una arca amb la qual hom pot sobreviure al diluvi." Sense cap mena de dubte, l'art ha protegit rarament contra el més primitiu totalitarisme, però els arcaismes d'aquest tipus de dominació avui estan bastant desdibuixats o bé amablement disfressats segons el caprici de moda per a què el regne planetari de la servitud voluntària, de la idolatria tecnològica i del postfeixisme larvat imposi una mica més de seny.
En efecte, arribats en aquest punt, qualsevol que tingui un art i l'expressi en públic amb un alt nivell de sensibilitat i d'integritat, manté i propaga trets d'humanitat cada vegada més estranys i indesitjables, fent objectivament acte de subversió en aquesta "societat de masses" de la qual Hannah Arendt ja senyalava que "no volia cultura, sinó oci". D'aquesta forma amb això no solament sobreviu al "diluvi" contemporani, generador de misèria afectiva i d'enfonsament mental, sinó que a més ajuda els menys afavorits a sostreure-s'hi.


Evidentment, totes les músiques aquí representades són força minoritàries, en relació amb el rebombori sonor que sense treva cretinitza i anestesia les multituds. Lluny d'aportar consolacions vanes, la irrupció d'aquests instants de bellesa en unes quantes existències va nogensmenys a l'essencial: "...la ignorància, l'obscurantisme, el mal gust o l'estupidesa no neixen de simples carències, també són forces actives que enfurismadament s'afirmen a cada ocasió i que no toleren cap derogació de la seva tirania. El talent inspirat és sempre un insult a la mediocritat."
L'autor d'aquestes línies, Simon Leys, cita una justificació feta temps fa a un escriptor per un veí rural normalment tanoca que acabava de abatre un om centenari: "Aquest arbre donava ombra i estava infestat de rossinyols." Aquest podria ser l'arquetipus dels motius invocats avui pels vàndals que s'afanyen per tot arreu, cadascú segons la seva especialitat, a recompondre el nostre territori.
Volem ara manifestar nostra amistat a qui ens han fet companyia en el curs d'aquests últims anys, als qui oferim aquesta reflexió de Lewis Mumford, d'una lucidesa que no ha deixat de confirmar-se des de 1972: "Quan més desesperada sembla la situació present, on a l'hora hem d'enfrontar-nos al desequilibri ecològic de l'entorn i al desequilibri psicològic dels esperits, més imperatiu és de no perdre l'esperança. La generació que ha de venir encara disposa d'una altra opció, la més antiga per l'home: la de conrear conscientment les arts que humanitzen l'home."


Desembre de 2008.


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Samedi 3 janvier 2009 6 03 /01 /Jan /2009 21:10
SAMEDI 17 JANVIER 2009 A 18 h 30

à L'EGLISE SAINT-PIERRE DE PRADES


RÉCITAL D'ORGUE À QUATRE MAINS & QUATRE PIEDS


par BERNARD BAILBÉ et NEIL COWLEY, orgue


avec projection du concert sur écran.


ŒUVRES DE HAENDEL-MARSH, WESLEY, BEETHOVEN, THAYER ET MERKEL

Bernard Bailbé et Neil Cowley BERNARD BAILBÉ, orgue
L'intérêt pour la musique lui vient de l'audition de l'orgue de son bourg natal de Thuir. Après une initiation à Thuir même, viennent les études musicales aux conservatoires de Perpignan et de Toulouse : le piano avec Michel Peus, l'orgue avec Xavier Darasse et Willem Jansen, ainsi que le clavecin avec ce dernier.
L'attraction pour les instruments et la littérature d'orgue et de clavecin de la péninsule Ibérique et l'intention d'y appliquer des techniques originales le font prendre contact avec Montserrat Torrent, avec qui il étudie entre 1977 et 1980 à Saint-Jacques de Compostelle et Barcelone.
Il suit régulièrement des cours surs les divers styles de musique pour l'orgue et le clavecin avec les mêmes professeurs, ou bien avec Ton Koopman (Amsterdam), Harald Vogel (Brême), John Grew (Canada), L. F. Tagliavini (Bologne), Michelle Guyard (Paris), Andreas Schroeder (Karlsruhe) ou Michael Radulescu (Vienne).
Il a donné de nombreux concerts en France et en Espagne et enregistré pour la Télévision espagnole et plusieurs chaînes de radio. II a joué avec les trompettistes Bernard Soustrot et Vicente Lopez, ainsi qu'avec de nombreuses formations de musique de chambre. Il a également collaboré avec l'Orquestra Simfònica de Barcelona i Nacional de Catalunya (OBC) et le ténor Plàcido Domingo.
Depuis 1978, il est organiste de l'église Sant Felip Neri de Barcelone, où il offre un répertoire sans cesse renouvelé qui dépasse les 600 compositeurs interprétés.
Bernard Bailbé est membre fondateur de l'Associació Catalana de l'Orgue.


NEIL COWLEY, orgue
Né à Austin, au Texas, il étudie le piano avec Natalia Klimkevitx, puis l'orgue avec Frank Speller à l'Université du Texas. Il participe alors au Collegium Musicum universitaire tout en suivant un cursus de musicologie. Il est ensuite directeur musical et liturgique à l'église Saint Ignace martyr d'Austin.
En 1981, il s'établit à Barcelone, où il obtient une aide de l'Òmnium Cultural pour réaliser une étude sur « Les instruments à clavier en Catalogne à l'époque moderne ». Depuis lors, il a donné de nombreux concerts et participé aux cycles « Orgues de Catalunya » et « L'Orgue de la Catedral de Barcelona », où il a interprété en décembre 2006 la Messe du Jour de Noël (1842) de Boëly avec le Taller d'Estudis Medievals.
Il a collaboré avec l'OBC entre 1987 et 2004 et a assuré la direction musicale de deux productions au Teatre Nacional de Catalunya : Àngels a Amèrica (1996) et L'Auca del Senyor Esteve (1997).
Il a composé, entre autres œuvres, Tres cançons per a soprano i orgue (1979-80), Cinc cançons tradicionals catalanes per a cor i piano (1996), Cuina i Memòria : Set peces d'un llibre de cuina del camp de concentració de Terezín (septet instrumental, 2002), Quatre peces per a flauta de bec i piano (2006), ...
Neil Cowley est actuellement organiste titulaire de la basilique Santa Maria del Mar à Barcelone.


Prix des places : 15 € ; adhérents : 12 € ; tarif réduit : 7 €.
Entrée libre pour les enfants de moins de 12 ans.

Billetterie : Office du Tourisme, Magasin Renouf et à l'entrée de l'église.


Renseignements :
Les Samedis musicaux de Prades
71, rue du Palais de Justice
F-66500 Prades
France
Tél. : [00 33] (0) 468 96 11 35
Courriel : bernard-pecheur@wanadoo.fr


A VENIR - LE SAMEDI 14 FÉVRIER À 16 h AU CINÉMA « LE LIDO » :


Présentation du DVD non commercial d'Olivier Moulaï et Maurice Lafourcade retraçant la « Saison 2007-2008 » des Samedis musicaux de Prades,
accompagnée de la projection de deux autres courts métrages à thème musical.
Le prix d'entrée de 15 € donne droit à la remise gratuite d'un exemplaire du DVD.

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Dimanche 30 novembre 2008 7 30 /11 /Nov /2008 20:24
PROGRAMME DU CONCERT DU SAMEDI 13 DÉCEMBRE 2008


« CHANTS IBÉRIQUES »


par KEREN-NADA BAHR
(voix et guitare)


Keren-Nada Bahr


I. - El Cant dels ocells
Agt : K.-N. Bahr et J. Campagne


Veneciana

E. Pujol (guitare seule)


Endechas y cantares de sefarad
M. Salvador
Avridme, galanica
A la una
Endecha
Los bilbilicos
Arvolicos d'almendra


Cancion amatoria
E. Pujol (guitare seule)


Chansons andalouses
Zambra Gitano
Agt : S. Behrend
Con el vito
Agt : K.-N. Bahr
Jaleo de Jerez
Agt : K.-N. Bahr


II. - Chansons espagnoles
J. Rodrigo
Adela
Pastorcito santo


Guajira
E. Pujol (guitare seule)


Canciones espanolas antiguas
F. Garcia Lorca
Anda Jaleo
El Café de Chinitas
Nana de Sevilla
Zorongo
Sevillanas del siglo XVIII


KEREN-NADA BAHR, chant et guitare :


« Mon parcours musical commence à l'âge de cinq ans au conservatoire de Givors. Depuis, toute ma vie est bercée par la musique.
Je commence par des études de flûte traversière, puis de clavecin, et ensuite de guitare avec en parallèle le chant. Je perfectionne ma culture musicale à la faculté de musicologie de Lyon et au travers de stages de direction d'orchestre et de guitare classique.
Ma première apparition sur scène est en 1992 avec les concerts de maîtrise, puis avec des participations à des concerts en flûte, piccolo dans une harmonie et clavecin et guitare.
En 2000, je choisis comme instrument principal la guitare. Afin de parfaire ma formation classique, j´intègre la classe du maître Alberto Ponce, le plus prestigieux élève d'Emilio Pujol, lui-même disciple de Francisco Tárrega, m´inscrivant ainsi dans la grande école historique de guitare classique espagnole.
Cette rencontre, tout à la fois humaine et musicale, me marquera profondément.
En 2000, je donne au Liban une série de concerts organisés par le Centre culturel français.
En 2001, je participe à la création d'un concerto pour guitare avec l'Orchestre symphonique de Lyon, "Le Voyage d'hiver
" de Schubert, orchestré par H. Zender, avec L'Orchestre national de Lyon.
En 2004, et en première mondiale, je crée avec l'Orchestre symphonique de Lyon le concerto pour guitare
"Iber" de Juan Manuel Cortés, dédié à François Castet.
Je me produis régulièrement en concert de guitare classique et guitare et chant.
»


Entrée libre.


RENSEIGNEMENTS :

Tél. : [00 33] (0) 468 96 11 35
Courriel : bernard-pecheur@wanadoo.fr



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Lundi 22 septembre 2008 1 22 /09 /Sep /2008 22:04

PROGRAMME DU CONCERT DU 11 OCTOBRE 2008

 


par

Yoko Kawakubo (violon)

Myriam Rignol (viole de gambe)

Julien Wolfs(clavecin)

Yoko Kawakubo, Myriam Rignol et Julien Wolfs

TRIO DE MUSIQUE BAROQUE
FRANÇAISE ET ALLEMANDE

 

Dietrich Buxtehude
(1637-1707)
Sonata I (opera 2) pour violon, viole et clavecin
Allegro, Adagio, Allegro, Grave, Vivace, Lento, Poco adagio, Presto

Jean Féry Rebel
(1666-1747)
« La Toute Belle », sonate en do mineur pour violon et basse continue
Lentement, Gay fort, Lentement, Air gay, Lentement, (sans indication)

Jean-Philippe Rameau
(1683-1764)
Ve Concert pour clavecin avec accompagnement de violon et viole
Fugue La Forqueray, Air tendre La Cupis, Rondement La Marais

Dietrich Buxtehude
Sonata VI (opera 1) pour violon, viole et clavecin
Grave, Allegro, Con discretione, (Allegro), Adagio, (Allegro), Adagio, Vivace, Adagio, Poco presto, Poco adagio, Presto, Lento

Jean-Marie Leclair
(1697-1764)
Sonata VIII à trois pour violon, viole de gambe et clavecin
Adagio, Allegro, Sarabanda largo, Allegro assai

Johann Sebastian Bach
(1685-1750)
Sonate en sol majeur pour violon et basse continue
Adagio, Vivace, Largo, Presto

Yoko Kawakubo, violon

 

Yoko Kawakubo a étudié le violon moderne à l'école de musique Toho-Gakuen à Tokyo. En même temps, elle a commencé le violon baroque et a obtenu un master à l'Université nationale des beaux-arts et de la musique de Tokyo en 2006.
Peu après, elle est entrée au Conservatoire national supérieur de musique de Lyon dans la classe d'Odile Edouard. En novembre 2007, elle a reçu le quatrième prix au concours international du violon baroque « Premio Bonporti » en Italie. Depuis 2006, elle joue dans différents ensembles, tels que l'Orchestra Libera Classica (Hidemi Suzuki), le Bach Collegium Japan (Masaaki Suzuki), Le Concert français (Pierre Hantaï), Gli Incogniti (Amandine Beyer).

Myriam Rignol, viole de gambe

Myriam Rignol a commencé la viole de gambe à l'âge de sept ans auprès de Christian Sala (CNR de Perpignan). Elle y obtient son DEM en 2004, puis un prix d'excellence l'année suivante. Cette même année, elle est reçue à l'unanimité au CNSMD de Lyon dans la classe de Marianne Muller, où elle poursuit actuellement ses études, après y avoir obtenu son CEG en juin 2007.
Elle a également eu l'occasion de suivre l'enseignement de Jordi Savall, Rainer Zipperling et Emmanuel Balssa.
Elle s'est déjà produite avec divers ensembles, dans de nombreux pays (France, Allemagne, Espagne, Suisse, Pologne, Roumanie, Japon...) et a eu l'opportunité de jouer sous la direction de chefs tels qu'Hervé Niquet, Raphaël Pichon, Jordi Savall ou Jean-Pierre Canihac.

Julien Wolfs, clavecin

Né en 1983, le Belge Julien Wolfs commence ses études de clavecin avec sa mère, Marie-Anne Dachy, à l'Académie de Jodoigne. En 2003, il entre dans la classe de Menno van Delft au Conservatoire supérieur d'Amsterdam. Il y obtient en 2007 le diplôme de Bachelor et y est admis en perfectionnement en vue de l'obtention du titre de Master. Dans le cadre d'un échange avec le Conservatoire national supérieur de musique de Lyon, il a suivi l'année passée les cours de Françoise Lengellé. Il a également pu profiter de l'enseignement de Bob van Asperen, Annelie de Man, Blandine Rannou ou Davitt Moroney.
Julien Wolfs a remporté le concours de Bruges en 2007 avec un deuxième prix ex-aequo, les prix du Public et des Editions Minkoff. Il fut également finaliste, avec l'ensemble Alea, de l'édition 2006 du concours international de musique de chambre Van Wassenaer.
En soliste et en musique de chambre, on a pu l'entendre au Festival de l'été mosan, au Festival du clavecin en fête, au Printemps des arts de Nantes, au Festival van Vlaanderen, au Concertgebouw d'Amsterdam, au Vredenburg à Utrecht, à la Chapelle royale du château de Versailles. Au clavicorde, il a joué pour la Dutch Clavichord Society.

Prix des places : 15 euros.
Adhérents de l'association : 12 euros.
Entrée libre pour les moins de 12 ans.

Renseignements et réservations :
Tél. : [00 33] (0) 468 96 11 35
Courriel : bernard-pecheur@wanadoo.fr
Billets : Office du tourisme, Magasin Renouf
et à l'entrée.

Par Samedis Musicaux - Publié dans : Concerts archivés
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