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Les Samedis Musicaux de Prades

L'association "Les Samedis Musicaux" de Prades organise un samedi par mois un concert à Prades, dans les Pyrénées-Orientales (France). Consultez régulièrement ce site Internet ou abonnez-vous à notre bulletin électronique d'informations pour découvrir la programmation de nos prochains concerts.

Récital de musique catalane par le pianiste Joan Rubinat

Publié le 12 Mars 2017 par Samedis Musicaux in PROCHAIN CONCERT

SAMEDI 25 MARS 2017 À EUS

RÉCITAL DE PIANO

par

JOAN RUBINAT

qui interprétera deux compositeurs catalans :

MANUEL BLANCAFORT

FREDERIC MOMPOU

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MAISON DU TEMPS LIBRE D’EUS, 18 H 30

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ENTRÉE : 15 €. ADHÉRENTS : 12 €. T.R. : 7 €. LIBRE JUSQU’À 12 ANS.

RENSEIGNEMENTS/RÉSERVATIONS : 04 68 96 11 35

Billetterie : OT et Magasin Georges Renouf de Prades, et à l’entrée

SMP : 71, rue du Palais-de-Justice, 66500 Prades

 

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Joan Rubinat

Né à Torelló (Osona), Joan Rubinat a commencé sa formation musicale à l’Escolania de Montserrat, au côté du père Ireneu Segarra. Il a continué des études de piano à Barcelone avec Àngel Soler i Albert Giménez-Atenelle, à Munich avec Ludwig Hoffman, grâce à une bourse de la fondation Humboldt, et à Madrid avec Josep Colom. Il a également reçu des conseils de György Sebök, Sergiu Celebidache et Maria João Pires.

En 1974, il a donné son premier concert, qui devait être suivi de plus de sept cents autres, et depuis lors il s’est produit sans interruption en Catalogne, dans l’État espagnol et dans d’autres pays européens. Il a joué en soliste avec la Camerata Lysy de Gstaad (Suisse), l’Orchestre Leos Janacék de Brno (Tchéquie), le Münchener Jugendorchester, l’Orchestre de chambre de Vic, dirigé par Jordi Mora, l’Orquestra Simfònica del Vallès, sous la direction de Salvador Brotons, et l’Orquestra de cambra de Terrassa 48, dirigée par Quim Termens.

Joan Rubinat a réalisé des enregistrements pour la RNE, Catalunya Música et TV2. Il partage actuellement son activité de concertíste avec l’enseignement. Il est professeur de piano au Conservatoire de musique de Vic. Il a publié un ouvrage d’initiation au piano, « La Lluna », basé sur des arrangements de chansons populaires catalanes.

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Mompou et Blancafort :

une amitié « fondamentale et fondationnelle »

Les premières années de la vie de Frederic Mompou (1893-1987) furent des années de préparation et d’étude, mais aussi de découverte et de doutes. C’est aussi à cette époque que se forgea une intense amitié avec Manuel Blancafort (1897-1987). Il existe entre les deux compositeurs un curieux parallélisme : ils viennent d’une tradition musicale fort peu conventionnelle. Les membres de la famille maternelle de Mompou, les Dencausse, étaient des fabricants de cloches parisiens venus s’établir à Barcelone. Dès son plus jeune âge, Frederic démontra – ou développa – un talent particulier pour écouter les harmoniques, pour explorer l’écho des sons, pour se perdre dans la résonance des notes. Des années plus tard, dans une lettre à Blancafort, il décrira leurs accords métalliques comme « le souvenir le plus vrai et le plus authentique » de son enfance. De leur côté, les Blancafort étaient propriétaires de la fabrique de rouleaux pour pianos mécaniques Victoria, affaire prospère à une époque où la radio n’existait pas et où le phonographe n’avait pas fait son apparition. Tous deux étaient donc issus d’un milieu lié à la musique dans une perspective pratique, industrielle et productive.

De même, aucun des deux jeunes gens ne reçut d’éducation musicale formelle. Mompou parce qu’il fuyait les études structurées et l’académisme, bien qu’il ait eu des professeurs et étudié au Conservatoire du Liceu. Mais quand il se rendit à Paris pour continuer ses études, il décida de ne pas entrer au Conservatoire national (et de ne pas se présenter devant Fauré, le directeur de l’institution, malgré la lettre de recommandation que lui avait remise Enric Granados en vue de son admission), et il préféra travailler avec des professeurs extérieurs. Blancafort, par contre, ne mit jamais les pieds dans les institutions. Il acquit des notions élémentaires de solfège avec son père, et son école fut le bureau de transcriptions de partitions pour les rouleaux de piano. Il commença avec la tâche quasi mécanique consistant à transcrire des pièces originales pour cet instrument, mais vinrent ensuite les grandes partitions orchestrales de l’époque, avec une prédilection indiscutable pour Wagner.

Les deux jeunes gens se connurent à la station balnéaire Blancafort de La Garriga, propriété de la famille de Manuel, où ils séjournaient régulièrement, comme le faisait une bonne partie de la bourgeoisie aisée de l’époque – dont la famille de Mompou. Quand Blancafort entendit Mompou jouer ses propres œuvres, il eut comme une révélation. À l’Ermita, le lieu propice aux confidences où ils se rencontraient dans la station, se noua une amitié de compréhension et de complicité, qui se prolongea ensuite dans les soirées de concert, quand ils allaient écouter avec dévotion la musique de Fauré ou de Debussy et quittaient ostensiblement la salle lorsqu’on interprétait des auteurs classiques, comme Haydn, ou dans les lettres qu’ils échangeaient quand Mompou retourna à Paris.

Ce fut une amitié « fondamentale et fondationnelle ». Fondamentale parce qu’ils s’encourageaient mutuellement à composer, à poursuivre leurs recherches. Fondationnelle, parce qu’avec leurs premières œuvres se développa un idéal esthétique de recherche de la pureté et de la sincérité, un primitivisme dans la lignée de Satie, qui visait à tout dire avec le moins de notes possible. La critique parisienne considéra ces pièces qui combinaient la tradition et les éléments populaires, sans se complaire dans le folklore et en recherchant un langage universel, comme représentatives de l’école musicale catalane moderne.

Cependant, au milieu des années vingt, les deux jeunes gens s’éloignèrent l’un de l’autre. En partie pour des raisons d’ordre pratique : Blancafort, marié à vingt-trois ans, devait assumer la responsabilité de faire vivre une famille nombreuse ainsi que la fabrique familiale, qui commençait à connaître des problèmes économiques, les pianos mécaniques étant éclipsés par le succès croissant du phonographe. Mompou, qui se maria à un âge avancé, resta célibataire et n’eut pas d’enfants.

Mais la raison principale fut musicale. Blancafort commença à pénétrer dans un monde d’œuvres plus complexes, plus structurées, animé par une volonté de composer, de travailler par-delà la « découverte » musicale. En définitive, un « exercice de la volonté de construire un monde de composition ». Mompou, au contraire, resta fidèle au dogme du retour aux origines, à l’ambition de constituer une « seconde génération de Rameau et de Scarlatti », comme il l’a expliqué lui-même. Ou encore, comme il l’exposait dans une lettre à son ami, de demeurer parmi les « préparateurs de matières premières. L’orchestre est un faux pas, dont on ne se sort pas sans béquilles ». Ainsi, Mompou demeura dans la lignée de Satie, alors que Blancafort allait au-delà de l’intuition musicale pour se rapprocher de Debussy.

D’après un article d’Oriol Saladrigas

dans Núvol, el digital de cultura, 21 octobre 2015

 

PROGRAMME  DU 25 MARS 2017

MANUEL BLANCAFORT (1897-1987)

Cinq Nocturnes

Moderato – Lento assai – Andantino – Lento e tranquillo – Con anima

FREDERIC MOMPOU (1893-1987)

Variations sur un thème de Chopin

Thème – Var. I – Var. II – Var. III Pour la main gauche – Var. IV – Var. V Tempo di mazurka – Var. VI Recitativo – Var. VII – Var. VIII – Var. IX Valse – Var. X Évocation – Var. XI – Variation XII Galop et épilogue

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FREDERIC MOMPOU

Huit « Cançons i danses »

N° 2 Isabel / Galop de cortesia

N° 3 El Noi de la mare / Sardana (original)

N° 5 (or.) / (or.)

N° 6 (or.) / (or.)

N° 7 Muntanyes regalades / L’Hereu Riera

N° 9 Rossinyol, que vas a França / (or.)

N° 12 La Dama d’Aragó / La Mala Nova

N° 14 Cançó del lladre / (or.)

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LES SAMEDIS MUSICAUX DE PRADES

71, rue du Palais-de-Justice 66500 Prades

Contacts et réservations : 04 68 96 11 35

E-mail : bernard-pecheur@wanadoo.fr

Internet : samedis-musicaux.over-blog

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